BORDEAUX ROCK PRÉSENTE

Le programme complet ici

CARTE BLANCHE À MONOQUINI

QG BORDEAUX ROCK
6 rue Pierre de Coubertin, Bordeaux

3 € d'adhésion annuelle à l'association Bordeaux Rock donnant accès aux séances durant les 3 jours.
Espace de restauration et buvette,
librairie et disquaire éphémère (Total Heaven).
_____________________________________

VENDREDI 22 MAI
17H-20H


CRAZY SIXTIES


Projection apéritive en 16mm de clips musicaux des années 60
Suivie de





LE TEMPS DE LA FUREUR
Henri Calef

(France / 1961 / n&b / transfert numérique d'après 35mm /17min.)

Aux antipodes de la nouvelle vague, Henri Calef est au début des années 60 un représentant de la vieille école, de cette "qualité française" devenue désuète. Les noms d'Edgar Morin (scénariste de L'heure de la vérité, 1964, avec Karl Boehm), Viviane Romance, Guy Decomble, Anouk Aimée, Ginette Leclerc... ont beau défiler au générique, ses films, où pourtant de sombres secrets menacent de briser le calme apparent du quotidien et où plane l'ombre de la vengeance, brillent bien peu du fait d'une mise en scène atone, terne, où les acteurs ont l'air de sortir du Musée Grévin. Calef se trouve à Menton sur la Côte d'Azur en août 1961 pour y tourner un documentaire parfaitement insipide sur le Festival de musique classique quand il est débauché à Juan-les-Pins pour couvrir la coupe du monde de rock'n'roll qui a lieu du 25 au 31 août au Vieux Colombier. A l'affiche : Vince Taylor et ses Play Boys, Les Chaussettes Noires, Les Chats Sauvages, Rocky Volcano, Micky Ameline et Les Satellites, Doug Folks et les Airdales.

Sans se départir de son académisme de bon artisan, et malgré un son post-synchronisé, Calef parvient à capter les vibrations sauvages des musiciens face à un public plutôt sage. On s'amuse à voir Vince Taylor en maillot de bain, reluquant les donzelles faire du trampoline sur la plage, avant de le retrouver le soir sur scène, suant sous son cuir noir, chaine autour du cou... Rocky Volcano, crooner en costume lamé argent, se roule sur scène, déchire sa chemise, simule l'épilepsie encadré par ses deux guitaristes... Micky Ameline, sorte de Sheila un peu punk, roule des yeux et semble au bord de la syncope... Du rock'n'roll quoi, avant que le show-biz ne vienne assagir cette tornade sous l'étiquette "yé-yé" inventée par le sociologue Edgar Morin commentant les "yeah yeah" anglo-saxons. À l'époque, ce court métrage était diffusé en première partie de Vie privée de Louis Malle, avec Brigitte Bardot.




LONELY BOY
Roman Kroitor & Wolf Koenig

(Canada / 1962 / 16mm / n&b / vf / 26 min.)

Court métrage documentaire sur le chanteur Paul Anka. Tous les dix ans, une nouvelle vedette populaire fait tomber en pâmoison les adolescentes. Il y a eu la vague Sinatra, puis le raz-de-marée Elvis Presley. En 1961, c'est l'ouragan Anka. L'idole envoûte et ensorcelle des légions d'adolescentes incapables d'échapper à son charme tout-puissant.




TWIST PARADE
Jean Herman

(France / 1962 / n&b / 6 min)

Jean Herman, plus connu de son nom de plume Jean Vautrin, a été l'assistant de Roberto Rossellini pour les besoins du documentaire India, terre mère, réalisé pour la télévision italienne et a réalisé cinq longs-métrages pour le cinéma, dont le fameux Adieu l'ami (1968) avec Alain Delon et Charles Bronson. Ce qu'on sait moins, c'est qu'il a réalisé un certain nombre de courts métrages au début des années 60, dont un portrait d'Henri Langlois et de la Cinémathèque Française, et surtout, ce qui nous intéresse ici, des films foncièrement expérimentaux comme Twist Parade et Actua-Tilt, des essais féroces sur la société du spectacle et de consommation, montage percutant d'images d'actualité, de publicité, de musiques et de sons divers, collages speedés provoquant des collisions de sens.
Twist Parade, 50 ans plus tard, n'a pas perdu de sa vigueur.




Bob Cowan
ROCKFLOW

(USA / 1968 / 16mm / couleur / 9 min.)

Bob Cowan, disparu le 21 juin 2011, est une figure méconnue mais flamboyante de l'underground new-yorkais des années 60. En tant qu'acteur, cinéaste, chroniqueur, et même projectionniste (première projection en double écran de Chelsea Girls d'Andy Warhol entre autres), il a contribué à l'émergence d'une scène artistique dont l'influence est toujours aussi prégnante.
Rockflow est la seconde et dernière réalisation de Bob Cowan derrière la caméra après Soul Freeze, mais ces deux films sont de magnifiques précipités d'une époque sous acide. Nous assistons à la soirée inaugurale d'une boutique de mode à l'Electric Circus, dans l'East Village à New York. Les Chambers Brothers y donnent un concert, et toute une faune branchée habillée pour la circonstance y ondule. Ce qui aurait pu être un simple document expérimental sur la tendance d'une époque sort progressivement des rails, la caméra et le montage se font plus agressifs et au final on se retrouve en plein trip psychédélique... Enjoy !




VISA DE CENSURE N°X
Pierre Clementi

(France / 1967-75 / 16mm / couleur / 43 min)
Musique : Delired Cameleon Family

Un des fleurons du cinéma psychédélique français, véritable déluge de sons, d'images et de couleurs.

On connait Pierre Clementi acteur, icône marginale et charismatique du cinéma de la fin des années 60, rebelle à la gueule d'ange tourmenté qui a laissé son empreinte incandescente sur les films de Bunuel, Pasolini, Visconti, Bertolucci, Garrel, Marc O', l'artiste intransigeant et farouchement indépendant, emblématique de la contre-culture en France.
On connait moins le cinéaste car ses films, journal intime ininterrompu jusqu'à sa disparition à 57 ans en décembre 1999, sont longtemps restés confidentiels. L'enfant de la balle qui a connu les maisons de redressement et qui, adolescent, rencontra la poésie, puis le théâtre, enfin le cinéma, avait la conviction que l'art procédait de chaque instant vécu. Ce viatique rimbaldien a pris chez Clementi la forme passionnée d'un long poème filmique, fragmenté et sans cesse recomposé dont les rencontres, les amis et les amours - la famille - sont le cœur palpitant. Clementi l'illuminé (lucide et inspiré) a ainsi réalisé quelques uns des films les plus éclatants de ces années psychédéliques en France.


_____________________________________

Et en bonus, un hommage à Daevid Allen avec la présentation de documents
audiovisuels rares.

_____________________________________

SAMEDI 23/05
18H-20H


DIY OR DIE : PUNK CINEMA

Sélection de courts métrages en 16mm de Martha Colburn (USA) :
EVIL OF DRACULA / LIFT OFF / CAT'S AMORE / SPIDERS IN LOVE


Martha Colburn, née en 1971 à Gettysburg (Pennsylvanie, USA), est une artiste débordante d'activité : elle dessine, peint, découpe, colle, sculpte, a même manipulé de multiples instruments au sein des Dramatics en duo avec Jason Willet (5000 pochettes du 1er LP réalisées à la main... chacune étant unique), et elle a trouvé le temps de réaliser plus d'une quarantaine de courts métrages d'animation depuis 1994.

Martha a longtemps vécu à Baltimore, la ville qu'Edgar Allan Poe qualifiait déjà en son temps de capitale de la corruption et qui reste le décor privilégié des films de John Waters, dont le mauvais goût très sûr n'est plus à vanter. Vivant et travaillant dans une ancienne manufacture de chapeaux, dans un quartier "délicieusement effrayant", Martha a commencé à réaliser des films à partir de found footage il y a maintenant 20 ans. Sa démarche était alors simple et efficace, consistant "à couper les parties ennuyeuses" de ces bobines trouvées pour n'en retravailler que les éléments les plus immédiatement visuels avec un sens de l'humour déconcertant.

Adoptant le Super 8 puis le 16mm, elle s'engage ensuite dans la réalisation intensive de films d'animation à base de pantins, poupées, collages articulés et d'un bestiaire hybride, sur fond de musiques déglinguées signées Jad Fair, 99 Hooker ou Jac Berrocal entre autres. Martha Colburn entretient depuis toujours un rapport complice avec les musiciens outsiders, en témoigne la séquence d'animation hallucinée qu'elle a réalisé pour le documentaire The Devil and Daniel Johnston de Jeff Feuerberg en 2005. Mais le travail de Martha n'est pas réductible à un milieu lofi tendance art brut. Elle collabore notoirement avec Felix Kubin et récemment, Metamorfoza, un de ses derniers films, a fait l'objet d'une projection accompagnée par le Rotterdam Philharmonic Orchestra...


www.marthacolburn.com





ENTRÉE DE SECOURS
Jérôme de Missolz

(France / 1982 / 16 mm / couleur / 18 min)


Vous verrez Johnny Rotten ou plutôt son fantôme Johnny Lyndon injurier le troupeau des humains : this is religion, your religion — les dernières images d’un film qui ne vous aura laissé aucune échappatoire — pas plus de sortie pour la punkette qui exhibe son sexe dans un couloir de chiottes que pour toutes ces stars du rock qui éructent pour combler le vide — sur le plan musical, une saturation combinatoire de sons en allure de requiem — les images : mouvement ininterrompu dans un espace quotidien apocalyptique. C’est bien de sauvagerie, d’ivresse frénétique, d’énergie suicidaire qu’il s’agit.


MY DEGENERATION
Jon Moritsugu

(USA / 1989 / 16mm / vo sur-titrée fr / 1h10)


Si une expérience particulièrement primitive de cinéma punk vous tente, ce film est pour vous. Jon Moritsugu, voyou nippo-américain du cinéma indépendant (mais alors vraiment, totalement indé), fils spirituel de John Waters et cousin décadent de Greg Araki, a réalisé depuis 1986 une floppée de films remarquables aux titres bien sentis : SLEAZY RIDER, TERMINAL USA, HIPPY PORN, MOD FUCK EXPLOSION, SCUMROCK...
MY DEGENERATION est son premier long métrage racontant l'histoire d'un groupe de rock féminin qui se vend à l'industrie de la viande (sic) pour accéder à la célébrité. Brut, viscéral et divertissant, ce brulot irrévérencieux fut sélectionné aux festivals bien pensants de Toronto et Sundance, mais resta pendu comme un squelette dans un placard, faute de trouver la programmation idoine.
Certes, une des protagonistes tombe amoureuse d'une tête de porc coupée qui parle, entre autre attaque en règle contre le bon goût. Certes, l'ironie mordante nous appelle la réification de toute chose, que la culture est la marchandise idéale, que chacun est un "dividu" disposé sur les rayonnages de la grande consommation.
Que l'industrie modèle la révolte adolescente pour en faire un produit de plus.
Finalement quelque chose comme la grande escroquerie du rock'n'roll...


Bande-son signée Poison 13, Bongwater, Vomit Launch, Government Issue, Fizzbombs, Halo of Flies.

http://jonmoritsugu.com
_____________________________________

DIMANCHE 24/05
16H30-20H


EXPÉRIMENTATIONS SONORES & VISUELLES



SYMPHONIE MÉCANIQUE
Jean Mitry

(France / 1955 / 16mm / n&b / 13 min.)

Un ballet musical obtenu au moyen du mouvement de pièces mécaniques, imprimeries, machines à produire le textile, le verre, les cigarettes, les biscuits et autres produits. L'homme est absent de cet univers machinique régi par la cadence et la répétition. La musique qui l'accompagne est l'unique pièce électroacoustique composée par Pierre Boulez. Un film qui entretient une proximité avec l'esthétique de la musique industrielle apparue à la fin des années 70.




LE FUTUR N'EST PLUS CE QU'IL ÉTAIT
Mika Taanila

(Finlande / 2002 / vidéo / vostf / 52 min)

Un riche portrait de Erkki Kurenniemi, mathématicien et scientifique génial, cinéaste expérimentateur, inventeur d'instruments et pionnier de la musique électronique dans les années 60.




WHAT ABOUT ME : THE RISE OF THE NIHILIST SPASM BAND
Zev Asher

(Canada / 2000 / vidéo / vo sur-titrée fr /1h20)



"Quand vous éliminez l’échelle, la clé, le répertoire, la catégorie, les règles traditionnelles et même le fait de briser les règles, que reste-t-il ?" C'est la question que pose Hugh McIntyre, défunt bassiste d'un groupe qui joue depuis 40 ans et est la plus grande gloire artistique dont se réclame l’Ontario, au Canada.
Durant le jour, les membres sexagénaires du Nihilist Spasm Band, travaillent en tant que professeurs, artistes ou médecins. Certains sont à la retraite. Mais presque tous les lundis soirs, le Nihilist Spasm Band fait du "bruit", un style de musique librement improvisée à partir d’instruments artisanaux. Aujourd’hui, leurs disques sont distribués au Japon où ils semblent être de véritables légendes, donnant des concerts et apparaissant à des émissions télévisées de variétés.
What about me, documentaire cacophonique et cocasse s’il en est, relate l’histoire et la récente reconnaissance du groupe, fondé en 1965, au travers d’images d’archives et d’entretiens avec les six membres de la formation originelle, de réactions de leur famille, collègues et élèves, sans oublier les commentaires de Thurston Moore (Sonic Youth) et du cinéaste Michael Snow.
Cette formation unique en son genre, sans appartenance à une quelconque mouvance artistique, a botté le train des conventions musicales et initié une voie radicale dans le domaine des arts sonores avec un brio, un humour, une constance que n’auraient pas reniés les Dadaïstes, ni les emplâtreurs de piano du groupe Fluxus.

_____________________________________

+
Cette séance sera complétée par une sélection de courts métrages expérimentaux accompagnés ou créés à partir de musique électronique.