En attendant Pollet 2

VENDREDI 20 NOVEMBRE — 20H30
Le Lieu sans nom


LA PIERRE TRISTE
Filippos Koutsaftis

Grèce / 2000 / couleur / 1h25 / VOSTF

À une vingtaine de kilomètres d’Athènes, la petite ville d’Eleusis est liée à l’un des mythes les plus importants chez les Anciens, celui de Déméter. L’Eleusina antique accueillait les mystères, rituels qui initiaient les Grecs anciens au miracle de la vie et à l’alternance de la mort. Elle est devenue aujourd’hui une ville industrielle, ce qui entraîne des conséquences désastreuses pour le sanctuaire et la région.

« …Il est assez rare que le cinéma s’attache ainsi aux profondeurs de la terre. Assez rare qu’il s’attache avec autant de tendresse et d’opiniâtreté — douze années de tournages erratiques mais obstinés dans le site d’Éleusis — à saisir ce qui survit de mystères passés, de villes enfouies, de vies enfuies. Filippos Koutsaftis a pensé le cinéma comme un art des survivances, une archéologie au sens plein du terme. Mais l’archéologie est un champ de batailles, et pas seulement de fouilles. Le cinéaste a bien vu que les choses survivantes se faisaient la guerre à chaque moment : choses survivantes pour tuer la mémoire (les usines pétrochimiques, l’asphalte par-dessus la Voie sacrée), contre lesquelles des êtres survivants luttent pour redonner naissance à quelque chose, comme chez cet homme qui erre parmi les pierres et en prend soin comme d’enfants blessés. Tout cela guidé par un phrasé d’images si simples et de mots si profonds qui font de ce film un seul et grand poème. »

— Georges Didi-Huberman