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ARTS AUDIOVISUELS & CINÉMAS DE TRAVERSE

ARTS AUDIOVISUELS & CINÉMAS DE TRAVERSE
SAMEDI 20 SEPTEMBRE — 20H30

MINIKINO, DERNIÈRE SEMAINE

PROJECTION 16 MM

INFERNO
Dario Argento
Italie / 1980 / couleur / 1h47 / VF
Avec Leigh McCloskey, Irene Miracle, Eleonora Giorgi, Daria Nicolodi, Sacha Pitoeff
Musique : Keith Emerson, Giuseppe Verdi
Effets spéciaux : Mario Bava.

Rose Elliot, jeune poétesse new-yorkaise, habite un immeuble à l’atmosphère étrange. Elle achète un livre ancien intitulé « Le Tre Madri » (Les Trois Mères), écrit par Emilio Varelli, architecte alchimiste tombé dans l’oubli. Le livre raconte la rencontre de Varelli avec les trois Mères des Enfers: Mater Suspiriorum (la Mère des Soupirs), Mater Lacrimarum (la Mère des Larmes) et Mater Tenebrarum (la Mère des Ténèbres). Il construit à chacune une maison : une à Fribourg, une à Rome et une à New York. Rose réalise qu’elle vit possiblement dans cette troisième demeure…

Deuxième volet de la « Trilogie des Enfers » (ou « Les trois Mères »), aux côtés de Suspiria et La Troisième Mère, Inferno est une des œuvres les plus baroques et démentielles de Dario Argento à sa grande époque. Souvent déconsidéré pour son incohérence, c’est là précisément que le film est fascinant : le décor art déco d’un grand immeuble new-yorkais éclairé de façon irréaliste nous fait pénétrer dans le cerveau du réalisateur, un labyrinthe constitué de recoins et d’entresols investis de puissances maléfiques.

Dans Suspiria, une jeune ballerine américaine (Jessica Harper, l’héroïne de Phantom of the Paradise) arrive dans une école de danse de Fribourg en Allemagne et découvre que la terrifiante demeure abrite un repaire de sorcières. Dario Argento, entre deux citations de Val Lewton et Fritz Lang, réalise sa version gore et sous acide de Blanche Neige et les sept nains (motifs décoratifs identiques dans les deux films), soit un conte sanglant aux éclairages surréalistes et aux scènes de violence paroxystiques, proches du grand guignol et de la transe vaudou. Suspiria demeure l’une des expériences cinématographiques qui s’apparente le plus à un cauchemar, en raison de la rupture volontaire du cinéaste avec la logique narrative et l’agressivité inouïe de ses images, et ressemble davantage à un opéra rock psychédélique qu’à un film d’horreur traditionnel. Chez Argento, cinéaste de la surface, la profondeur (psychologique ou visuelle) n’existe pas. Cette obsession décorative donne naissance à des trouvailles de mise en scène stupéfiantes et déteint sur la direction des acteurs, figurines expressionnistes dont le jeu retrouve l’intensité hystérique des dive du cinéma muet italien. Le scénario tient sur le fil d’une énigme, dont la clé est bien sûr cachée parmi les éléments du décor, labyrinthe surchargé de motifs livrés à l’interprétation de la frêle héroïne.

À ce classique moderne de la peur succéda Inferno, qui prolonge les délires d’alchimiste d’Argento. Le dernier volet de la trilogie des Trois Mères (trois terribles harpies veillant sur les portes de l’enfer à Fribourg, Rome et New York) fut pendant très longtemps repoussé par le cinéaste (en partie par superstition) avant qu’il ne se décide enfin à signer en 2007 La terza madre (Mother of Tears), sans doute son film le plus ridicule, qu’il vaut mieux oublier. Dans Inferno, la « suite » de Suspiria, une jeune femme révèle à son frère l’existence de palaces à Rome, Fribourg et New York, construits par le même architecte et abritant les Trois Mères, sorcières gardiennes des Portes de l’Enfer. Inferno est un véritable opéra psychédélique sur le thème de l’alchimie, sans doute le chef-d’œuvre le plus démentiel d’Argento, visuellement somptueux et obéissant à la logique des cauchemars. Sans doute notre film préféré d’Argento. Les meilleurs films d’Argento font une utilisation spectaculaire de la couleur.
C’est particulièrement vrai avec Inferno dont les variations de rose et d’orange sont inspirées par la peinture préraphaélite, et constituent des créations chromatiques extraordinaires du directeur de la photographie Romano Albani, à l’opposé des couleurs agressives de Suspiria, dont la photo était signée Luciano Tovoli.

Création monstrueuse mêlant l’ésotérisme au Grand-Guignol, Inferno est le terrifiant exutoire des visions d’un cinéaste très tourmenté, et un sommet de composition maniériste. On peut trouver ça sublime ou grotesque. C’est évidemment les deux à la fois.

20/09/2025 de 20:30 à 22:20
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