MONOQUINI INVITÉ PAR LE FIFIGROT
LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM GROLANDAIS DE TOULOUSE
DU 19 AU 25 SEPTEMBRE 2016 !

TROIS SÉANCES EN PROJECTION 16MM :

LE MARDI 20 SEPTEMBRE
THÉÂTRE GARONNE



Razor Blades / Paul Sharits


SPLIT/SCREEN/TEST

Une mosaïque mouvante composée avec des films expérimentaux de Paul Clipson, Gunvor Nelson, Jean Mitry, Berverly & Tony Conrad, Gill Eatherley, Paul Sharits, en projection 16mm.


De la polyvision initiée par Abel Gance en 1927 pour son Napoléon en passant par l'espace psycho-plastique développé par le scénographe Tchèque Josef Svoboda dans les années 60 jusqu'au procédé du split-screen largement usité par Brian de Palma, le cinéma s'est depuis ses origines évertué à faire éclater les conventions de la représentation spatio-temporelle au travers d'une expérience sensorielle élargie. Le cinéma expérimental en particulier, affranchi des carcans de la narration classique, a radicalisé certains procédés - surimpression, fragmentation, clignotement, multiplication des sources et des surfaces de projection - appréhendant la dimension plastique et affective de la couleur, explorant les effets de l'intermittence lumineuse et des résonances chromatiques, selon un développement temporel inspiré par l'écriture musicale.
Cette séance propose une expérience immersive où les films se déploient autant dans l'espace physique que sur notre écran mental.

MY NAME IS OONA
Gunvor Nelson
(USA, 1965, n&b, 10 min.)
Musique de Steve Reich
"Monday, tuesday, wenesday...", une walkyrie en herbe égrène les jours de la semaine, qui devient litanie au travers du montage sonore envoutant de Steve Reich, manipulant la voix de la petite fille jouant de ses atours mythologiques.

CHORUS
ANOTHER VOID
UNION

Trois films de Paul Clipson
(USA, 2009-2011, couleur, environ 18 min.)
Musique de Jefre Cantu-Ledesma
Cinéaste expérimental de San Francisco fidèle au support argentique, Paul Clipson explore le processus manuel de montage in-camera, au travers de minutieuses manipulations optiques produisant de multiples strates : plus de 100 images superposées, parfois jusqu'à cinq ou six images par secondes, se condensent et se dissolvent au sein d'un même film. Une expérience hautement immersive où les textures sonores jouent un rôle primordial.

STRAIGHT AND NARROW
Beverly & Tony Conrad
(USA, 1970, n&b, 10 min.)
Musique de Terry Riley & John Cale
Tony Conrad (1940-2016) était une figure séminale de l'avant-garde new yorkaise des années 60. Il est un des pères de la musique minimaliste, ayant notamment collaboré avec La Monte Young et John Cale au sein de The Dream Syndicate ainsi qu'avec le groupe allemand Faust. Également réalisateur actif dans le milieu de l'underground, son nom reste attaché au film stroboscopique THE FLICKER (1966). STRAIGHT AND NARROW, co-réalisé avec son épouse Beverly, poursuit l'étude de la couleur subjective et du rythme visuel au travers du clignotement de lignes horizontales et verticales. Quoique tiré sur pellicule noir et blanc, le film produit des effets colorés dus à l'alternance rapide des images, aboutissant à une transe hypnotique.

SYMPHONIE MÉCANIQUE
Jean Mitry
(France, 1955, n&b, 13 min.)
Musique de Pierre Boulez
Version pour 3 écrans
Un ballet musical obtenu au moyen du mouvement de pièces mécaniques, imprimeries, machines à produire le textile, le verre, les cigarettes, les biscuits et autres produits. L'homme est absent de cet univers machinique régi par la cadence et la répétition. La musique qui l'accompagne est l'unique pièce électroacoustique composée par Pierre Boulez. Un film qui entretient une proximité avec l'esthétique de la musique industrielle apparue à la fin des années 70.

HAND GRENADE
Gill Eatherley
(GB, 1972, coul, 8 min.)
Musique de Neu!
Version pour 3 écrans
De prime abord, les lignes colorées et tourbillonnantes de HAND GRENADE ressemblent aux sinusoïdes d’un oscilloscope, et le spectateur pourrait croire avoir affaire à des images générées par ordinateur. Pourtant, elles sont le fruit de procédés cinématographiques très traditionnels et particulièrement laborieux. Le film de Gill Eatherley est en effet né d'expériences autour du mouvement dans l'espace d'une torche électrique et sa captation par la caméra. Le matériau visuel de départ a été tourné sur film 16mm noir et blanc. Chaque photogramme a été exposé pendant plusieurs minutes alors que Eatherley dessinait des objets - y compris son propre corps - dans l’espace, dans l’obscurité la plus complète, à l’aide de sa torche. Cette première étape a produit seulement 30 mètres de film noir et blanc. La couleur a alors été ajoutée sur les éléments positifs et négatifs (parfois en surimpression) avec une tireuse optique. Eatherley, enfin, a monté le film de telle manière que les trois écrans, suivant des motifs différents mais symétriques, soient orchestrés au rythme de la musique signée du groupe allemand Neu!

RAZOR BLADES
Paul Sharits
(USA, 1965-68, coul, 25 min.)
Version pour 2 écrans
Constitué de deux écrans accolés, RAZOR BLADES joue du phénomène stroboscopique pour déverser un déluge de stimuli visuels, juxtaposant des éléments contradictoires qui pénètrent le spectateur de manière viscérale. À la fois extatique et agressive, soutenue par une bande son électronique abrasive, la projection simultanée de photogrammes colorés et d'une imagerie pop traversée de fulgurances subliminales produit une expérience audiovisuelle tranchante.



LE MERCREDI 21 SEPTEMBRE
LES ABATTOIRS



Yves Klein et un de ses "pinceaux vivants".


FILMS SUR L'ART



THE REALITY OF KAREL APPEL
Jan Vrijman
Pays-Bas / 1962 / coul / vo anglais / 14 min.
Musique Barbare par Karel Appel
+
LES NOUVEAUX RÉALISTES
Adrian Maben
France / 1976 / coul / vf / 75 min.
Ce film exceptionnel nous présente les artistes connus sous le nom des Nouveaux Réalistes, réunis sous la férule du critique Pierre Restany au tout début des années 60, à travers une série d’entretiens, de vues d’atelier et d’archives cinématographiques.
Recyclage et détournement d’objets de consommation courante et de rebuts industriels constituent chez ces artistes, avec humour et esprit de subversion, la matière d’une réflexion critique sur la société de consommation et la poétique du quotidien.
Ainsi, nous voyons Yves Klein diriger ses modèles nues lors de la réalisation de ses « Anthropométries » et peindre au lance-flammes ; Tinguely détruire un phallus géant et éructant lors d’une performance fameuse ; Nikki de Saint-Phalle peindre à l’aide d’un 22 long rifle ; Martial Raysse faire ses courses dans la jungle des supermarchés ; Arman accumuler et César compresser ; Daniel Spoerri déjeuner avec ses amis puis coller les reliefs du repas ; Raymond Hains jouer à La Palisse ; Villeglé arpenter les pallissades ; les affichistes François Dufresne et Nino Rotella se fendre de poèmes lettristes ; Christo emballer femme et falaise…



LE JEUDI 22 SEPTEMBRE
LE CRATÈRE



AGIT PROP



CHROMO ZOOM
Jacques Pezé & Louis Chevalier
France / 1965 / coul / vf / 7 min.
Produit par l'Ufoleis, un essai sur / contre la publicité au ton caustique, voire militant, sous influence du détournement situationniste. "Devant l'agressivité visuelle et auditive de la propagande et de la publicité, comment réagir ?"


LA MORT DU RAT
Pascal Aubier
France / 1973 / n&b / sans paroles / 7 min.
Fable politique : un ouvrier enchaîné aux cadences d'une usine d'emballage de haricots se rebiffe, est sermoné, rentre chez lui, brutalise sa femme, qui gifle son gamin, qui donne un coup de pied au chien, qui saute sur le chat qui tue le rat.
Grand prix du festival d'Oberhausen, 1973.


LA REPRISE DU TRAVAIL AUX USINES WONDER
Pierre Bonneau et Jacques Willemont
France / 1968 / n&b / vf / 10 min.
Juin 68, c'est la reprise du travail aux usines Wonder à Saint-Ouen après trois semaines de grève. Deux membres du bureau CGT de la ville essaient de convaincre les salariés qu'il s'agit d'une victoire et qu'il faut reprendre le travail dans l'unité après le vote qui a donné 560 voix à la reprise contre 260 pour continuer la grève. Mais une jeune femme crie que "C'est saboté le vote ! ils ont fait ça à la saloperie". Les syndicalistes doivent admettre que le vote a été dépouillé sans un seul représentant du personnel...
Sous la direction de Jacques Willemont, en mai et juin 68, les étudiants de l'Idhec en grève réalisent comme travaux pratiques des reportages sur les mouvements étudiants et ouvriers de l'organisation communiste internationale.
"Wonder mai 68", filmé par Pierre Bonneau est la seule séquence qui n'ait pas disparue.
A l'été 68, Rivette dira du film : "Le seul film intéressant sur les événements (de mai 68), le seul vraiment fort que j'ai vu, c'est celui de la rentrée des usines Wonder, tourné par des étudiants de l'IDHEC, parce que c'est un film terrifiant, qui fait mal. C'est le seul film qui soit un film vraiment révolutionnaire, peut-être parce que c'est un moment où la réalité se transfigure à tel point qu'elle se met à condenser toute une situation politique en dix minutes d'intensité dramatique folle".
En 1997, Hervé Leroux réalise "Reprise" après être parti en quête, trente ans après, de la jeune femme en colère.


L'ORDRE RÈGNE À SIMCAVILLE
Catherine Moulin et Jean-François Comte
France / 1968 / n&b / vf / 30 min.
Tourné en mai 1968, ce film rassemble des documents réunis par un groupe de cinéastes et d'ouvriers pour illustrer les conditions de vie et de travail dans une grande usine française de construction automobile.
"Depuis que j'ai quitté Simca, je respire parce que je peux penser et vivre comme je veux." En écoutant cet ancien des usines Simca de Poissy ainsi que les ouvriers ou responsables syndicaux, qui témoignent dans le film, on comprend mieux pourquoi l'usine n'a pas été en grève en mai 68. Toute activité militante autre que celle du Syndicat Indépendant est rigoureusement bannie et sévèrement combattue. Oui, l'ordre règne à Simcaville…


POUR UNE POIGNÉE DE GROS SEL
Michel Kaptur
France / 1976 / n&b / 27 min.
Documentaire. Au début de 1975, on assiste de toute part en France à la volonté délibérée de créer un climat de peur et de violence. Le maire de Sommedieue dans la Meuse, de tendance socialio-paternaliste, crée une milice et déclare : "Les jeunes, il faudrait les enfermer dans des camps de travaux forcés". L'appel à la répression généralisée est lancé contre les "loulous", devenus boucs émissaires. Le "Maire-shériff" inspire un peu partout en France la création de polices parallèles, de milices patronales, de sociétés de surveillance pour permettre à la "majorité silencieuse" de lutter, armes lourdes à la main, contre "l'ennemi intérieur". Ces groupes d'autodéfense se substituent à la police, avec l'aval du ministre de l'intérieur (Michel Poniatowski, plus tard partisan, dans les années 1983-1995, d'une fusion du RPR-UDF avec le FN).
Pendant que le gouvernement gagne du temps pour renforcer son appareil répressif, ces mêmes pouvoirs répressifs sont délégués à ceux qui s'identifient à leurs seuls intérêts. La justice des citoyens se fait alors expéditive. L'état exploite les réflexes de mécontentement qu'il a créé, dressant un modèle fascisant de société.


LA COMMUNE, LOUISE MICHEL ET NOUS
Michèle Gard
France / 1972 / n&b / vf / 43 min.
A partir du rôle joué par Louise Michel dans la Commune de Paris, ce film établit un lien entre la Commune de 1871 et les luttes révolutionnaires du XXe siècle. Le décalage entre l'image, qui fait l'apologie des mouvements révolutionnaires, et le commentaire, qui fait de Louise Michel une idéaliste romantique, donne à ce film une place à part dans la production du cinéma militant des années 1970. Produit par Pascal Aubier, le générique de fin remercie Vautier, Marker, Marret, SLON... dont on sent l'empreinte.
Le film est un montage très dense de sources filmiques et d'archives diverses. On retrouve même le film très court de Lee Savage, Mickey Mouse au Vietnam. Le commentaire est dit par Hélène Martin et Marc Ogeret.


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