CARTE BLANCHE À MONOQUINI
AU FESTIVAL DES CINÉMAS DIFFÉRENTS ET EXPÉRIMENTAUX DE PARIS
SUR LE THÈME "HUMOUR ET FACÉTIE"
LE SAMEDI 15 OCTOBRE 2016 À 20H
LES VOÛTES, 19 RUE DES FRIGOS, PARIS 13ÉME





FAUX SEMBLANTS
(programmation : Bertrand Grimault)
ceci n'est pas un film expérimental (Osterman Week-end, de Sam Peckinpah, 1983)

"Nous nous fions beaucoup trop à ce que nous voyons, les apparences sont parfois trompeuses", suggère John Hurt, non pas dans le rôle de Napoléon (voir ci-dessus), mais dans celui d'un agent de la CIA en maître-manipulateur dans l'ultime opus du cinéaste américain Sam Peckinpah. "Tu es dans le vrai. Je ne croirai plus aux mensonges", pourrait lui rétorquer avec candeur Rutger Hauer, ou à la manière de l'aphoriste Lichtenberg, simplement s'émerveiller de voir que les chats, tels John Hurt avec ses grandes oreilles, ont la peau percée de deux trous précisément à la place des yeux. Mais, dites-vous, que vient donc faire "Osterman Week-end" dans un festival de films différents ?
La versatilité des disques numériques permettant désormais de se repasser à l'envers, dans le désordre et en boucle la plus banale des séquences est une invitation à déconstruire le cinéma mainstream et à ravaler les façades Hollywoodiennes, pour la plus grande joie du spectateur sardonique. Ce que fait avec brio Volker Schreiner, qui ne travaille ni pour la CIA ni le KGB, mais qui coupe et colle allègrement dans un casting de rêve pour nous offrir, avec trois bouts de chandelle et des heures de boulot à la table de montage, une jubilatoire leçon de cinéma élargi. Plus paresseux, ou encore plus fauché, Arnaud Ducasse pastiche "Pièce Touchée", le fameux film de Martin Arnold qui fait bégayer 18 secondes de "The Human Jungle" de Joseph M. Neuman, avec ici un tour de main à la Marx Brothers qui nous rappelle ce que l'autrichien doit à Raphael Montañez Ortiz. Fi de found footage de gueule, la reprise ou le remake se jouent donc aussi dans la vraie vie avec les moyens du bord, qu'il s'agisse de la partition de Bernard Hermann pour "Psychose" interprétée a capella en split screen (les choquottes, avec le sourire) ou de la "caravane" de Duke Ellington à la manière d'Ennio Morricone par deux esprits frappeurs. Quant au film noir bien noir, vous allez être servis, mais à l'instar du "Port de la drogue" de Samuel Fuller où la censure française a troqué le complot communiste contre un banal trafic de stupéfiants, Peter Rose a choisi d'appliquer littéralement le célèbre dicton : traduire c'est trahir, avec un résultat qui s'apprente à de la haute trahison passible d'une bonne crampe abdominale. Enfin, vous ne repartirez pas sans reprendre un peu de salade made in L.A. ? Un séducteur salace (incarné par l'artiste Larry Bell), une jolie femme un peu trop naïve (interprétée par la journaliste et essayiste Leon Bing), un rendez-vous galant qui finit dans les choux. C'est Ed Ruscha qui nous dit que le plus important dans la vie, finalement, c'est les crackers. Vraiment, le cinéma Hollywoodien n'est plus ce qu'il était.

Programme :

JE ME RESSERVIRAI BIEN UN... / Arnaud Ducasse (France, 2002, vidéo, couleur, 2 min. 22)
HOLLYWOOD MOVIE / Volker Schreiner (Allemagne, 2012, HD, couleur, 7 min.)
PSYCHOSE / Antoine Defoort (Belgique / 2005 / vidéo / 2 min. 56)
CARAVANE / Bertran Berranger (France, 2000, vidéo, couleur, 5 min. 25)
SECUNDARY CURRENTS / Peter Rose (GB, 1983, 16mm, n&b, 16 min.)
PREMIUM / Ed Ruscha (USA, 1970, 16mm, version numérique, vo, 20 min.)

Toutes les infos sur le site du festival